ven 27 mai 2005

La rupture professionnelle ou comment partir au bon moment

27 05 2005

Vous, jeune cadre dynamique plein d’avenir, elle, une belle entreprise fructueuse en pleine force de l’âge. Elle cherchait une personne capable de répondre à toutes ses attentes et vous une entreprise vous permettant de vous épanouir. Vous étiez faits pour vous rencontrer… Mais tout ça, c’était avant le drame...

Car après des mois, voire des années, de bonheur conjoint cette idylle prend peu à peu l’eau sans que vous ne sachiez vraiment comment ni pourquoi. Alors avant de connaître une rupture lancinante et désagréable, prenez le temps de vous posez les bonnes questions et d’interpréter certains indicateurs pour vous séparer de votre entreprise au bon moment.

De votre côté :

  • Vous en avez marre : votre motivation vous fait le coup de la panne de plus en plus régulièrement.
  • Vous êtes fatigué : vos amis vous le font remarquer, vous êtes usé par cette relation professionnelle qui s’éternise.
  • Vous êtes devenu routinier : Le train-train quotidien s’installe, vous avez l’impression de répéter les mêmes gestes, les mêmes tâches, les mêmes rituels.
  • Vous êtes lassé : Vous avez l’impression de ne plus apprendre, de ne plus évoluer avec votre partenaire.

De son côté :

  • Elle change : son dernier lifting (fusion, rachat, stratégie,…) vous a laisser un goût amer concernant votre avenir, l’adaptation à ce changement est une réelle épreuve qui vous angoisse.
  • Elle ne vous parle plus : elle ne vous invite plus au réunion de service, elle ne vous parle plus d’elle, vous ne connaissez finalement plus rien de sa vie quotidienne, de ses envies.
  • Elle ne vous écoute plus : vous parlez dans le vide, elle ne prend plus en compte vos suggestions.
  • Elle ne vous fait plus confiance : promotion en panne, moindres responsabilités… elle préfère faire sa vie sans vous.

Autant de signes pour vous signaler qu’il est peut-être temps pour vous de partir et d'éviter ainsi la rupture froide et amère...

Pour éviter d’en arriver là, il est souvent intéressant de se poser régulièrement les quelques questions suivantes afin de clarifier la situation et d’être sûr que vous et votre entreprise regardiez dans la même direction :

- Par rapport à elle : faire un bilan régulier avec sa hiérarchie, avec les RH concernant la stratégie de l’entreprise, votre place dans l’organisation et les différentes perspectives d’évolution.

- Par rapport à vous : que vous apporte réellement votre entreprise ? : Un point régulier évite souvent le choc post-traumatique suivant la réponse « rien » à cette question.

- Par rapport à l’extérieur : quelles sont les opportunités, les évolutions et votre plus value sur le marché du travail ? Ailleurs est parfois meilleur…

En définitive, un seul conseil pour partir au bon moment : être à l’écoute ...

  • De soi, de ses envies, de ses motivations : vous seul savez où vous voulez réellement aller, ce que vous voulez réellement faire.
  • De son environnement, de son entreprise, de ses collègues, des RH : ils connaissent vos compétences et peuvent vous aider par la mobilité interne.
  • Du marché du travail, des opportunités, des évolutions : ils ont peut-être besoin de vous, ils recherchent peut-être votre profil.
  • De son réseau, de ses amis, de sa famille : il vous connaisse personnellement.

La rupture n’est pas forcément un échec, elle peut-être bénéfique pour chacune des deux parties à condition d’en prendre conscience et d’agir au bon moment : il faut garder à l’idée que vous n’êtes pas redevable à vie à votre entreprise et que la mobilité est toujours source d’évolution, pour l’un comme pour l’autre.

1 commentaire à La rupture professionnelle ou comment partir au bon moment

02 06 2005
Francois :

Alors là chapeau bas Pierrick ! L'article est plus que pertinent!!!
Non seulement tu as raison de lister les symptômes côté employé, mais aussi de dire qu'il faut "être à l'écoute".
Je parle en connaissance de cause puisque j'ai posé hier ma première lettre de démission. Non pas que la boite ne me plaise plus ni que les gens qui y travaillent ne m'apportaient rien, bien au contraire. Mais l'envie d'avancer plus vite était trop grande. Les opportunités de tafs sont nombreuses pour peu qu'on essaie de les provoquer... Certes lorsque l'on démissionne on angoisse, on se demande si on fait pas une connerie. Mais si la décision vous chatouille et que vous la réflechissez un tant soit peu, au final ça fait du bien.
J'ajouterais juste qu'il faut se poser souvent la question suivante:
"Qu'est-ce que je ferais si j'étais moins con ?" et si la réponse est "je changerais de boulot" vous voilà déjà resté trop longtemps dans la même boite.